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La guerre éclair
le prise d'Eben Emael
10 mai 1940

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Alors que la seconde guerre mondiale avait en théorie déja commencé (avec l'invasion de la Pologne en septembre 1939), tout semble calme à l'ouest. Pourtant, les signes annonciateurs sont nombreux: des troupes allemandes sont massées près de la frontière. De plus, l'Etat-Major belge est totalement au courant de l'invasion qui se prépare, ayant reçu les plans de bataille allemands via un avion qui s'est écrasé dans la région et qui avait à son bord des officiers porteurs de documents secrets. Le plan final de l'invasion n'a été modifié que très légèrement.

La Belgique voulait être neutre, comme l'avaient été les Pays Bas en 1914. Cela imposait des nombreuses restrictions au pays, notament le fait que les canons belges ne pouvaient pas atteindre le sol allemand (tous les canons placés sur Eben Emael étaient donc d'un calibre limité). De plus, la présence de troupes étrangères était interdite. C'est cela qui a fait en partie le jeu des allemands, qui n'avaient que la faible armée belge contre elle. Quand l'armée francaise et anglaise sont arrivés en Belgique, le front ne tenait plus et la ligne de défense était percée en de nombreux endroits. Les positions alliées étaient devenues intennables.


Photo 1: le mécanisme complexe pour élever les coupoles depuis la position de chargement jusqu'à la position de tir. Mécanisme ingénieux s'il en est, tout à l'honneur des sidérurgistes liégeois, mais qui n'a pas fait long feu, si on peut dire.


Le fort d'Eben Emael était en théorie impénétrable. Il avait une vue “inprenable” sur la tranchée de Caster, creusée en 1929 pour le passage du Canal Albert. La Meuse et ce canal formaient une barrière naturelle aux assaillants. Le fort est entouré de fossés et de murs pour empècher l'avancée des chars allemands. Le fort reprend des éléments des autres forts de la ligne Maginot, mais profite également des avantages du terrain.

Le fort avait été bâti entre 1932 et 1935 pour protéger l'accès à la Belgique via la Meuse. C'est en effet par cette région que les troupes allemandes ont envahi la Belgique en 1914.

L'invasion allemande commence très tôt le 10 mai 1940. Les belges ne sont pas préparés à une attaque. Les effectifs ne sont pas au complet. Le point faible de tout le fort (le haut de la colline qui forme une surface pratiquement plane) est attaqué par des planeurs qui y déposent soldats et matériel. Le plateau forme une plaine gazonnée d'un demi km carré et était utilisé comme plaine de foot (les soldats avaient d'ailleurs demandé que la plaine de sport ne soit pas minée). Même les abords des tourelles de tir n'étaient pas protégées. Il n'y avait pas de seconde ligne de défense et une fois sur le plateau les allemands avaient pratiquement la voie libre.

Le radar n'existait pas en pratique au début de la seconde guerre mondiale (il a été développé pendant le conflit). La seule manière de prévenir une attaque était d'écouter l'arrivée des avions. C'est pour cela que les allemands ont utilisé des planeurs au lieu de troupes parachutées à partir d'avions.


Vue actuelle de l'entrée du fort d'Eben Emael, avec au sol une des coupoles des positions de tir.


Photo 2: le plan de bataille allemand pour s'assurer la maitrise des ponts sur la Meuse et le Canal Albert.



La série télévisée produite par la VRT “L'Empereur du goût” (De smaak van de Keizer) a relancé l'intérêt pour le fort d'Eben Emael où se déroule une partie de l'action.


Photo 3: la situation juste après l'invasion allemande: les forces francaises et anglaises se précipitent en Belgique.


Photo 4: 4 jours plus tard, les allemands ont avancé de 100km. Les Pays Bas sont totalement débordés et se rendent. Mais l'avancée la plus importante des allemands se fera en catimini dans les Ardennes, contournant le gros des troupes alliées en Belgique. Les alliés n'avaient pas prévu une attaque par les Ardennes, jugées impénétrables, même aux chars. C'est la seule région n'ayant pas de ligne de défense comme la ligne Maginot ou la ligne des forts belges. Moins de deux semaines plus tard les allemands atteindront la mer près de la Somme et auront ainsi encerclé le gros des troupes dans une région située entre Dunkerque et Nieuport.

Les allemands utilisent pour la première fois des charges creuses qui permettent de percer des plaques d'acier épaisses de 15mm d'épaisseur. Les charges creuses de l'époque sont rudimentaires et doivent être placées manuellement sur la cible. Elle seront vite améliorées (les célèbres "Panzerfaust" qui détruiront près de la moitié des chars alliés après le débarquement).

Lisez également la page consacrée au fort d'Eben Emael actuel.

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