Charbonnages de Limbourg
Société des Charbonnages de Winterslag
Winterslag

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Après une visite en mineur à Beringen, je me suis décidé à aller à Winterslag, un autre grand charbonnage du Limbourg. Beringen est soi-disant le site de référence en ce qui concerne les charbonnages du Limbourg, avec un musée, et bla-bla-bla. Quand je suis arrivé à Beringen, j'ai surtout remarqué un immense chantier (ils sont déjà occupés depuis 2011, parait-il). Le musée est limité à quelques salles qui montrent surtout des affiches. Le boyau de mine reconstitué ne montre aucunement l'étendue véritable d'une mine, qui pouvait s'étendre sur plus de 100km. Vers la fin des l'exploitation des charbonnages, il était possible de rentrer par une des mines et de ressortir par une autre, car finalement les charbonnages ont fini par se rejoindre sous le sol.

Que vais-je voir à Winterslag? Il y a très peu d'informations sur le site, et l'historique du charbonnage est relégué à une seule page, une visite virtuelle même, puisqu'il ne reste plus rien des galeries de la mine. Par contre il y a beaucoup de réclame pour les différentes entreprises "créatrices" (de là le nouveau nom du site: C-Mine).

Mais j'ai pu parquer directement dans le parking sous-terrain qui est de plus totalement gratuit. Essaie une fois de parquer à Ostende (même pas pendant les mois d'été): cela te coute les yeux de la tête (très dur de quitter le parking sans yeux). S'il est possible de payer par SMS, c'est pour que les utilisateurs ne remarquent pas tout de suite que les euros filent de leur compte en banque. Faire une heure de shopping dans les boutiques les plus chères te coûte moins qu'une heure de parking à Ostende. Que voulez-vous, après des années de domination socialiste, les caisses de la ville sont totalement vides. Je préfère qu'ils recherchent l'argent dans la poche des touristes que dans la mienne. Les décimes additionnels ont encore augmenté à Ostende.


Nous commençons avec un plan général du site. Il y a évidemment des batiments qui ont été détruits, mais les batiments principaux sont restés debout: les deux tours d'extraction evidemment, mais aussi le batiment énergie qui se compose de plusieurs salles. Deux machines d'extraction et plusieurs turbines et alternateurs sont encore visibles.


Les deux machines d'extraction servent à tirer les cages d'ascenseurs. Chaque machine commande deux cages par une seule poulie Koepe. Les installation de commande (machines Ward Leonard) sont également intactes. C'est une des rares machines Ward Leonard qui ont été gardées, car la plupart ont été remplacées par des systèmes plus compacts dès que l'électronique de forte puissance a fait son apparition.


Un second plan nous montre ce qu'il est devenu du charbonnage.

Le charbonnage de Winterslag

Winterslag est le premier charbonnage de Campine qui est devenu opérationnel parce que les couches de charbon étaient relativement aisément accessibles. Les couches de sable mouvant présentes sur les autres sites étaient absentes ici. C'est le seul site du Limbourg qui était en production au moment de la première guerre mondiale.

Les tours d'extraction ont été construites en 1914 et 1916. La plus ancienne tour a été remplacée en 1963 et on en a profité pour remplacer les wagonnets qui devaient être mis individuellement dans les cages par un skip permettant de remonter 15 tonnes de charbon en une fois. La tour II n'était alors utilisée que pour le personnel et le matériel.

Le batiment de la recette a été remplacé par une bande transporteuse qui envoyait le charbon au triage/lavoir situé 400m plus loin. La tour II a encore une partie du batiment de recette. Ce batiment a été endommagé par les éboulements de terrain, mais a été restauré dans l'état.

Figure 1
La tour d'extraction II avec une partie de la recette.

Figure 2
Une partie des machines et du matériel a été gardé.

Figure 3
Le ventilateur de réserve de la mine. Le ventilateur extrait continuellement l'air de la mine par un des puits. Le puits en question est fermé par un clapet Breyre qui ne s'ouvre que pour laisser passer les cages d'ascenseur. Le ventilateur est relié au puits par un boyau qui se trouve à 7m sous le sol. Grâce à la dépression, de l'air frais est aspiré par le second puits. Dans les galeries, des portes et des ventilateurs font que toute la mine est constamment aérée.

Figure 4
Le tuyau d'extraction de l'air vicié fait plusieurs mètres de diamètre. Un tel diamètre est nécessaire, car le puits est la seule voie de communication avec l'extérieur. Sous le sol, il y a une centaine de kilomètres de galeries, plusieurs ateliers où on répare es outils, des pompes à eau, etc. Il y a même un train qui circule dans les galeries pour permettre au mineurs d'atteindre leur lieu de travail, parfois situé à une dixaine de kilomètres du puits.

Figures 5 - 7
La centrale électrique a heureusement été gardée en partie. Un charbonnage avait de grands besoins en énergie: pour les ventilateurs, les pompes à eau, pour les ascenseurs, pour le triage/lavoir. Environ 10% de charbon extrait de la mine était utilisé sur place dans la centrale électrique.

La salle est utilisée pour diverses activités. Les photos datent de la fin 2016 et il y avait une sorte de marché de noël avec de petits étals. Il vaut mieux utiliser les lieux pour de telles activités que de laisser pourrir le site. Les installations et l'architecture sont uniques (regardez les escaliers d'époque, le carrelage rouge-blanc, etc). Un peu étrange qu'une turbine Brown Boveri soit utilisée pour y pendre des trucs de noël, mais cela ne me dérange pas trop.

Figure 8
Un film informatif est projeté sur le mur à l'entrée de l'exposition virtuelle (C-Mine expedition). Il n'est plus possible de visiter la mine, les galeries situées à plusieurs centaines de mètres de profondeur ont rapidement été envahies par les eaux dès l'arrêt des pompes. Il ne s'agit pas d'une reconstruction comme à Beringen, mais d'une visite virtuelle en 3D. La visite se termine par une expédition jusqu'en haut de la tour d'extraction (en vrai celle là).

Figures 9 - 12
C'est bien que deux machines d'extraction ont été gardées. Elles peuvent être vues quand les batiments sont ouverts. Il y a de nombreux photographes. Les machines fonctionnent au courant continu (plus d'explications sur la page Ward Leonard).

La découpe dans le batiment par où passaient les cables jusqu'au chassis à molettes est toujours là, mais on a évidemment ajouté un vitrage.

La machine d'extraction utilise une poulie de Koepe qui est reliée directement au moteur. La vitesse de rotation de la poulie était de 46 tours/minute et permettait un déplacement des cages de 20m/s (72km/h). La vitesse était réduite à 9m/s pendant le transport de personnes. Une telle vitesse est nécessaire car les galeries sont situées à grande profondeur, à environ 700m sous sol. Avec l'accélération et le freinage, il faut compter une minute pour aller jusqu'au fond de la mine (deux minutes pour les personnes).


La maisonnette du machiniste a été gardée. La position des cages peut être lue sur une colonne. Les deux cages se déplacent simultanément, l'une descend quand l'autre monte (la seconde cage faisant office de contre-poids). La position exacte de la cage était marquée par un trait blanc sur le cable. Quand le trait était au niveau de la poulie, c'est que la cage était au bon niveau. L'indication sur la colonne n'était qu'approximative.

Pour compenser le poids du cable (qui pesait plus de 100 tonnes), il y avait un second cable en dessous de la cage, qui reliait l'autre cage. Le poids au niveau du chassis à molette était donc pratiquement constant indépendamment de la position des cages, ce qui est une nécessité pour le bon fonctionnement de la poulie de Koepe.

Les indicateurs pour le courant et la tension permettaint de controler une surcharge. A de telles vitesses, même le freinage de l'air joue un role.

A coté de la colonne, il y a un indicateur de vitesse et un enregistreur permettant d'avoir un historique du déplacement des cages.


La communication se faisait principalement par des coups de sonnette. Ce système a été lancé dans les mines de wallonie et a continué à être utilisé ici. Il y avait une communication entre le fond et la recette, mais également entre la recette et le machiniste. Le téléphone n'était pas utilisé pour les opérations habituelles.

Figures 13 - 14
Le système Ward Leonard se trouve dans la salle à coté des machines d'extraction. Ce système permet une commande très souple du moteur d'extraction. La salle contient également des moteurs de réserve qui étaient utilisés quand la machine Ward Leonard était à l'entretien. Les moteurs de réserve permettaient un fonctionnement de la machine d'extraction à vitesse réduite. La machine Ward Leonard tourne en effet continuellement et nécessite un entretien régulier.

La salle est également utilisée dans le cadre d'une exposition sur des ???chaises??? Coppée se retournerait dans sa tombe! Cela ne me gène pas, mais ce n'est pas avec des chaises (même design) qu'on va sauver l'économie et le budget de la faillite.


Les générateurs, les moteurs, les pompes,... ont tous besoin de fusibles. Ce disjoncteur automatique a un fonctionnement retardé en cas de surcharge (disjoncteur thermique activé par un bi-métal) et un fonctionnement rapide en cas de cours-circuit. On règle le retard avec une résistance variable (surcharge) ou un ressort (cours-circuit). Aucune différence avec les disjoncteurs actuels.


Les salles sont en bon état avec quelques panneaux instructifs, mais il s'agit d'informations générales. Pour des informations plus détaillées, il faut se rendre à la réception où différents livres sont en vente. Séparation linguistique oblige, pratiquement tous les livres sont en néerlandais.

Figure 15
On retrouve toujours les mêmes noms dans les charbonnages de Campine: Evence Coppée (propriétaire des mines de Winterslag), André Dumont et Guillaume Lambert (deux géologues qui se sont rendus compte qu'il y avait probablement du charbon en Campine et ont effectué des forages), Anton Raky (qui a trouvé un système pour forer les puits malgré la présence d'eau et de sable en congelant le sol jusqu'à grande profondeur), etc. Coppée est devenu baron, mais je me demande combien de mineurs sont devenu comte ou baron...


Les batiments restants sont heureusement tous protégés.


Les charbonnages étaient mal vus par l'église catholique, qui était alors toute puissante au Limbourg (maintenant c'est plutôt l'islam...). On a vite construit quelques églises et placé des statues pour plaire aux curés. Rien n'était possible sans l'aide de la mafia locale.

Et c'est malgré tout devenu une belle journée, j'avais craint le pire. Même l'architecture de l'Aldi local ne tranche pas trop avec celle des batiments du charbonnage.

Dals le livre Mijnerfgoed in Limburg on retrouve des cartes avec tous les batiments qui ont été construits par les charbonnages, ainsi que leur état actuel (détruit ou reconvertis).

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