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Verviers
le traitement de la laine
Photographie



La Vesdre, à l'arrière plan le Solvent Belge


Chauffage central garanti d'origine


Robinets pour prélever et rejeter l'eau dans la Vesdre


Lanoline produite sur le site du Solvent Belge

Une révolution industrielle a eu lieu à Verviers au 19e siècle. Elle est comparable à la révolution industrielle qui a lieu à Liège et dans d'autres grands centres industriels, mais concerne en particulier le traitement de la laine. Elle a en fait précédé la révolution industrielle classique (production d'acier). Pourquoi le traitement de la laine à Verviers?

Les rivières de la région ont une eau particulièrement pure (peu chargée en minéraux) et légèrement acide, donc bien adaptée au lavage de la laine. L'eau ne contient pas de calcaire, qui a tendance à réduire l'efficacité des savons. De nombreuse petites usines se sont installées dan la région, elles utilisaient toutes l'eau de la Vesdre, la rivière la plus importante de la région.

Les petites usines disparaissent progressivement et on voit une concentration aussi bien horizontale (rachat de concurrents) que verticale (prise en main de toute la filière de la laine). La laine arrive princiapement via le chemin de fer (la gare de Verviers est une gare bien typique de l'époque). Les grands industriels utilisent de la laine bon marché importée d'Australie et d'Argentine et ne se limitent plus au lavage, mais disposent également de filatures. Les industriels livrent du fil, mais également des tissus et des draps. De nombreux petits ateliers se spécialisent dans les étoffes colorées dites "de fantaisie". Une industrie de recyclage se met également en place, elle produit par exemple du feutre (fabriqué à partir de déchets de laine et de laine recyclée).

L'apport d'eau via la Vesdre n'est plus suffisant: le débit est trop faible en été et de plus l'eau est polluée par d'autres ateliers situés en amont (Eupen faisait alors partie de la Prusse). Il faut un apport d'eau pure plus consistant, d'où la nécessité du barrage sur la Gileppe. Les frais ont été payés en partie par les industriels de la ville. Au début l'eau n'était distribuée qu'aux entreprises, les habitants devant utiliser l'eau de la rivière pour leurs besoins ménagers.

Après la seconde guerre mondiale, il devient économiquement rentable d'éliminer le calcaire des eaux, rendant de ce fait pratiquement toutes les eaux aptes à être utilisées pour le lavage de la laine. Il n'est plus nécessaire de concentrer les usines autour de certaines rivières et Verviers perd son monopole dans le traitement de la laine. Il n'est pas rentable de faire venir spécialement la laine brute à Verviers pour la traiter.

Il y a une ancienne usine de traitement de la laine située rue du Limbourg, le Solvent Belge. Elle utilisait directement l'eau de la Vesdre, permettant ainsi de limiter sa consommation en eau. L'eau était utilisée pour faire travailler les machines à vapeur. Le site contient encore des machines à vapeur d'époque qui ont été utilisées jusqu'à la fin du 20e siècle. Il y a également un laboratoire d'analyse de l'eau et de la lanoline produite. Le site de l'ancienne usine se situe à coté de l'usine Traitex (moderne) toujours en fonctionnement et qui effectue les mêmes opérations, mais avec des machines plus récentes.

L'usine Le Solvent Belge avait comme principale fonction de nettoyer la laine brute. Le lavage se fait à l'eau chaude additionnée d'un détergent. La lanoline ou cire de laine est ainsi extraite de la laine et flotte à la surface du bain. La lanoline est récoltée et raffinée, c'était à l'époque un produit fort recherché, on en faisait des crèmes de beauté.

L'ancien site rue du Limbourg n'est pas accessible (il faut introduire une demande au musée de la laine). La visite est possible sur demande pendant les heures d'ouverture de Traitex: le gardien est alors présent sur le site. Le site permet de réaliser de très belles photos et il est régulièrement visité par des urbexeurs (surtout étrangers) qui pénètrent via la Vesdre.

On projette de transformer le site du Solvent Belge (qui contient de nombreuses machines d'époque) en musée de la laine. On compte aussi y installer un musée de l'imprimerie (on dispose des machines, mais pas de musée pour les monter). Des machines en provenance d'autres ateliers et d'écoles ont été entreposées sur le site en attendant une reconversion éventuelle en musée. On y trouve également des ballots de laine brute.

Le propriétaire, le Solvent Belge voudrait vendre le site. Un promoteur immobilier est interessé, mais alors toutes les machines à vapeur (uniques et de très grande valeur) seront perdues. La ville de Verviers a de grands projets, mais pas beaucoup d'argent...

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