Verdwijnend België
La Belgique qui disparait
Livre
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La Belgique de papa disparait, remplacée par des HLM, des squares, des ronds-points, des immeubles gristounets, des conteneurs d'habitations, des duplex, des appartements. Et pour ajouter une note de couleur, un Aldi. C'est pas étonnant: plus d'habitants cela signifie plus de taxes et un salaire plus important pour les mandataires communaux. Le bourgemestre d'une petite commune gagne 7000€, celui d'une commune plus grande 10.000€ (par mois, évidemment).


Foto 1:
Camping Cosmos

On oublie un peu trop facilement qu'il y avait 6000 personnes employées aux Forges de Clabecq. Actuellement il y a encore une centaine de personnes qui travaillent au laminage à froid situé de l'autre coté du canal. Les fourneaux, les cokeries, les aciéries ont fait de la Belgique un des pays les plus prospères au monde (quand on compare la situation de la Belgique à celle des Pays Bas, qui n'avaient pratiquement pas d'industrie lourde). Il y a une centaine d'années, la Belgique était le second producteur d'acier au monde, après le Royaume Uni. Quand on se rend compte de la situation au Royaume Uni (*1), on ne peut qu'envisager le pire pour la Belgique.


Foto 2:
Chargeur de bateaux

C'est à cause de la destruction des Forges de Clabecq, que mon intérêt pour la photographie urbex a pris naissance. Mon grand père y a travaillé (il est mort d'intoxication au monoxide de carbone). Les Forges ont été démolies à partir du milieu des années 2000. Au début je pensais: "ils ne vont pas démolir cela, un musée à ciel ouvert!". mais finalement j'ai du me rendre à l'évidence: un bloc d'appartements rapporte plus qu'un musée. Il ne reste plus qu'un petit founeau, mais débarassé de ses accessoires, il ne signifie plus rien. Cela aurait tout aussi bien pu être un phare pour la circulation sur le canal.

J'ai photographié le haut fourneau de Seraing quelques jours avant sa destruction. Le fourneau était construit au milieu des habitations, ou plutôt non: les habitations ont été construites autour du fourneau, l'empèchant de s'agrandir et de se moderniser. La fonte liquide devait être transportée par train spécial à l'aciérie de Chertal de l'autre coté de la ville.

J'ai visité les différents sites miniers au Limbourg, et en passant près d'un site, j'ai eu un moment *WTF*. On voulait garder le chassis à molette de la mine, mais une restauration aurait couté trop cher. Qu'à cela tienne, on l'a remplacé par une fausse tour, non fonctionelle, tout en béton. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.


Foto 3 en 4:
Carcoke Zwankendamme

De nombeux endroits qui sont passés en revue dans le livre ont déjà un reportage sur ce cite. Les endroits sont cités par ordre d'apparition dans le livre:

  • Du Parc près d'Alost. J'y ai effectué quelques shootings. Certaines salles étaient utilisées par des drogués, j'ai fait le shooting à l'extérieur et dans les couloirs pour ne pas déranger.

(photo d'avril 2013)

  • Petol Zuid, de son temps le plus grand dépot d'hydrocarbures d'Europe. Il n'y avait pas d'installations de raffinage, car déjà à cette époque on manquait de place. Il ne reste plus que deux entreprises: une a des batiments récents, l'autre utilise des anciens batiments. Il y a des canalisations qui courrent des quais jusqu'au milieu du site, puis il n'y a plus rien: l'entreprise concernée a été détruite, mais pas les canalisations.

  • Forges de Clabecq, les hauts fourneaux et les aciéries qui m'ont initié à la photographie urbex. Le site était d'accès particulièrement aisé pour un photographe urbex débutant: il suffit de pénétrer sur le site via la voie de chemin de fer. Puis j'ai été visiter tous les fourneaux du coin. En Belgique il en reste deux en 2019: celui de Charleroi (Carsid) et de Liège (Ougrée).

  • Les Charbonages de Campine: j'ai visité toutes les exploitations. De certains sites il ne reste plus qu'un chassis à molette isolé, d'autres sites ont mieux réussi leur conversion.

  • Doel, le petit village qui ne veut pas disparaitre. J'y ai effectué de nombreux shootings.

  • Le bunker de commandement de l'Armée Belge du temps de la guerre froide.

Foto 5:
Ceci n'est pas un chassis à molettes

Ni un chevalement (*2)

C'est une bonne chose que le livre n'indique pas uniquement des endroits qui ont disparu, mais également des endroits qui ont été reconvertis (plus ou moins bien) ou des endroits à l'abandon. Il y a un équilibre entre le texte (uniquement en néerlandais) et les images. L'auteur donne un résumé historique de l'endroit, de sa signification et montre des photos qui ont une relevance.

On nous explique que ce qui a été détruit ne pourra plus jamais être restauré. A chaque démolition, c'est un pan de notre histoire qui s'affaise. Rarement on voit apparaitre une construction qui a une signification plus importante que ce qui a été détruit.

Vous pouvez commander le livre via le site Hullabaloo. Le livre n'est disponible qu'en néerlandais.

Le meilleur moyen pour faire connaitre et faire apprécier notre patrimoine historique n'est pas de publier des photos sans adresse et sans autre informations, mais de donner le plus de détails possibles, pour que les gens puissent se rendre compte par eux-même de la richesse de notre patrimoine en péril. Le livre donne tout juste ce qu'il faut de détails sue les différents lieux cités pour ne pas alourdir le texte, mais pour inciter les lecteurs à voir d'un autre œil le monde qui nous entoure.


Foto 6:
Le plan incliné de Ronquières
(photo personelle)

Mais toute la "Belgique de papa" n'est pas démolie, elle a de beaux restes, comme par exemple le bunker de commandement de l'armée belge (décrit dans le livre) ou le plan incliné de Ronquières, un effet de la politique belge: les flamands on pu agrandir le port de Zeebruges, donc les wallons reçoivent un budget similaire. Qu'en ont-il fait? Le plan incliné de Ronquières. Ce plan incliné est d'ailleurs toujours utilisé car la navigation fluviale a le vent en poupe (même si la propulsion est au diésel).

Quelques thèmes, si le livre devait avoir une suite:

  • Le plan incliné de Ronquières, l'image même de la politique Belgo-belge.

  • Le fort de la Chartreuse, construite par les Néerlandais à l'époque où nous étions qu'un seul pays, et redécouvert par les photographes néerlandais (ils n'ont pas cà chez eux: quand cela ne sert plus, on démolit dans les 24 heures).

  • Le Solvent Belge à Verviers, où l'on traitait la laine et les tissus. La Vesdre qui coule derrière l'usine avait une eau très pure, idéale pour traiter la laine et la rendre douce sans nécessiter de Soupline. Les machines sont encore là, mais il n'y a pas d'argent pour entretenir les batiments. A terme on voudrait en faire un musée, il y a d'ailleurs des machines en provenances d'autres ateliers.

  • Les préventoriums et les sanatoriums (ou ce qu'il en reste). Seul le Préventorium Marin existe encore, les autres institutions ont été détruites (en Flandre) ou laissées à l'abandon (Wallonie).

  • Les anciennes centrales électriques où on brulait du charbon: Monceau-sur-Sambre et Ruien et également Val-Benoit, le centre universitaire rattaché à l'université de Liège et qui disposait de sa propre centrale électrique pour l'apprentissage.


*1: selon les derniers rapports elle flotte, désemparée, dans la Mer du Nord.
*2: un chassis à molettes s'appelle en France un chevalement. Pas en Belgique.

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