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"Tourisme"
Centrale électrique de Ruien
Photographie
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Voici un petit bout d'histoire, un appareil que les jeunes n'ont jamais connu: le sémaphone.

Quand un battelier avait du carburant à décharger, il devait appeller un numéro de sémaphone. S'il n'y avait pas de réponse, il devait utiliser l'appareil sur le quai (réseau téléphonique de la centrale), et si ce téléphone ne fonctionnait pas, il devait utiliser son GSM. A cette époque utiliser son GSM était particulièrement cher.


Le sémaphone était une initiative combinée de la Belgique et des Pays Bas. Le réseau a été opérationnel au milieu des années 1960. On utilisait 4 fréquences situées juste sous la bande FM (87.5MHz). Comme la fréquence était relativement basse (par rapport au GSM actuel), il suffisait de quatre émetteurs (deux en Belgique et deux aux Pays Bas). Chaque émetteur utilisait alternativement une des quatres fréquences disponibles.

La communication est unidirectionelle et il n'est pas possible de savoir si un appel a été reçu. La première version permettait d'émettre 6 codes (mais sans le numéro de l'appellant). L'affichage du numéro de l'appelant n'est venu que bien plus tard. Comme il n'était pas possible de déterminer la position du récepteur, l'appel se faisait simultanément avec les 4 émetteurs.

La ritournelle du sémaphone qui pouvait être captée par un simple récepteur radio FM peut être écoutée ici.

Après la visite de la centrale électrique de Charleroi (fonctionnant au charbon et au gaz de haut fourneau en provenance de Carsid), je me suis décidé à visiter une centrale flamande à l'arrêt.

La centrale de Ruien a été construite en 1958 et se composait de 6 groupes: deux de 60MW (qui n'étaient plus utilisés depuis longtemps), deux groupes chauffés au charbon de 130MW et deux groupes convertis multi-source (gaz et charbon) de 300MW. C'était la plus grande centrale thermique non-nucléaire de Belgique.

C'est une centrale relativement récente, c'est par exemple la seule centrale à l'arrêt qui dispose d'écrans LCD dans la salle de controle. C'est dire que la centrale a été mise à jour il n'y a pas si longtemps. Mais les producteurs veulent qu'une centrale à gaz puisse démarrer pratiquement au quart de tour pour absorber les pics de consommation. Le design d'une centrale à charbon ne permettait pas un fonctionnement aussi fluide.

La centrale de Ruien utilise comme carburant principalement du charbon, auquel on peut ajouter de la biomasse: sciures de bois, noyaux d'olives,... Les unités de production plus récentes peuvent également fonctionner au gaz.

On remarque que la centrale a été remise à neuf: on utilise de l'ammoniac pour dépolluer les gaz brulés. C'est pas nouveau: certains carburants pour auto contiennent un peu d'urée pour réduire la quantité de gaz nocifs (nom déposé: adblue). Les camions et les voitures qui répondent aux normes euro-6 ont un réservoir supplémentaire. L'urée se transforme en ammoniac dans le catalysateur et réduit les gaz NOx toxiques (oxydes d'azote produit par la combustion en milieu pauvre).

L'apport de matières premières se fait par l'Escaut tout proche. Pour faciliter le déchagement, un nouveau quai a été construit spécialement pour la centrale. La centrale a bénéficié d'importants fonds de la région flamande pour moderniser ses installations et les rendre conforme aux normes. La centrale a été adaptée à grands frais pour bruler de la biomasse en plus du charbon.

Après que la région flamande ait dépensé environ 180 millions d'euros, Electrabel a décidé de fermer le site parce trop peu rentable. Vous voyez donc que ce n'est pas que la région wallone qui se fait enculer par les grands groupes industriels... Mais ici aussi, malheureusement, les politiciens qui ont autorisé ceci, on ne les a pas fusillés non plus.

Les centrales de Charleroi et de Ruien sont donc à l'arrêt et en démantèlement, mais la procédure est totalement différente.

A Charleroi ce sont des illégaux qui se chargent du démembrement (et les "pouvoirs" publics laissent faire). Le cuivre et les autres métaux de valeur sont récupérés en premier. On se fout de l'amiante (toujours présente dans les installations électriques anciennes). Il y a des détritus et des tags partout.

A Ruien tout est effectué par des entreprises spécialisées. On ne parle pas de démolition, mais de déconstruction, cela fait plus joli. Ce sont les briques qui ont été récupérées en premier lieu. La centrale est ainsi à l'air libre, sans toit et avec un seul pan de mur qui reste. C'est la propreté absolue: aucun tags sur les murs, le parking est propre, on dirait que la centrale est encore en fonctionnement (sauf que sans toit, c'est assez difficile à croire).

On rencontre beaucoup de photographes sur le site de Charleroi (mais il ne restent pas longtemps quand ils se rendent compte dans quel état se trouve la centrale —ou ce qui en reste). Par contre il n'y a aucun photographe à Ruien. Pas de casseurs (tous les batiment ont encore toutes leurs vitres), pas de taggeurs, seulement un cyclo-touriste qui passe par le chemin du canal. Mortel pour un photographe urbex!

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