Marine Belge
Centre de compétences de la Marine
Brugge
Le centre de compétence de la Marine (CCMar) est situé à Bruges, il assure la formation technique de tous les futurs marins.
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Photo de Jorn Urbain, retouchée pour éliminer les déformations de perspective

La caserne CCMar porte le nom du lieutenant de vaisseau Victor Billet. Il est à la base de la création de la section belge de la Royal Navy pendant la seconde guerre mondiale (au début de la guerre la Belgique n'avait pas de force navale). Il devient officier de liaison entre différents corps d'armée. Il se porte volontaire pour le débarquement à Dieppe en été 1942 (deux ans avant le débarquement effectif en Normandie). Il n'a pas survécu à la bataille.

Le débarquement à Dieppe était destiné à tester une opération de débarquement. Dans le meilleur des cas, il s'agit d'un raid (une opération ponctuelle après quoi les troupes se retirent), ici il s'agira d'une mission suicide. Dès le début tout se déroule mal:

  • Une simulation de l'opération sur l'Ile de Wight montre que l'opération est vouée à l'échec, une seconde simulation ne sera pas effectuée.

  • L'opération est reportée à cause du mauvais temps, les soldats retournent dans leurs casernes et le secret de l'opération ne peut plus être maintenu.

  • On signale également une division de blindés allemands supplémentaire dans la région (qui finalement n'aura même pas à intervenir)

  • L'opération aurait dû être précédée par des bombardements massifs qui n'ont pas eu lieu à cause du mauvais temps.

  • L'avantage de l'effet de surprise est perdu, les péniches de débarquement rencontrent des navires militaires allemands sur leur route. Dans la bataille qui s'ensuit, une partie des péniches sont perdues, le débarquement se fait dans le désordre.

  • Dieppe est bordée de falaises rendant l'accès au rivage pratiquement impossible (voir première photo à droite). Pour les allemands il est aisé de bombarder l'entrée du port à partir de la falaise.

Le centre de compétences de la Marine (CCMar) est une étape dans la formations des futurs militaires. Ici, ils apprennent les bases techniques du métier: le fonctionnement des moteurs, les générateurs électriques, la propulsion. Il y a des formations pour les matelots et les sous-officiers.

Hélas, c'est ici qu'on se rend compte que l'armée belge n'est pas en très bon état et que la situation ne va pas s'améliorer dans les années à venir.

Un petit retour en arrière s'impose ici aussi. C'est la crise économique dans les années 1980, des suites de la crise du pétrole de quelques années auparavant. C'est la brusque fin des trentes glorieuses, l'économie ralentit d'un coup et le chomage grimpe en flèche. Pour caser tous ces jeunes issus de l'après guerre, on les place à l'armée. On est toujours en pleine guerre froide et l'armée dispose de suffisamment de moyens.

Quelques années plus tard, la situation économique se redresse et on n'engage pratiquement plus à l'armée. C'est la raison de la bosse très typique dans la pyramide des ages du personnel de l'armée.

Mais trente cinq ans plus tard, tous ces militaires vont à la retraite. Dans les années qui vont venir, plus de la moitié des effectifs ira en pension (alors qu'il y avait déjà de nombreuses mises en disponibilité avant cette période). Pour remplacer ces militaires, il faut un recrutement accéléré. Pour vous donner un ordre d'idée, il faut engager 10.000 militaires, alors que l'armée n'en trouve qu'un millier par an en moyenne.

Pour bien faire, il faut que les remplaçants soient en place bien avant le départ des anciens, or ce n'est que maintenant que le recrutement se met en route, alors que les anciens seront partis quand les nouveaux auront terminé leur formation.

Que voit-on à la base militaire de Brugge Sint Kruis, le centre de formation de la Marine? Les batiments ne sont utilisés qu'à moitié. En moyenne les cours sont donnés à deux ou trois matelots à la fois, alors qu'il en faudrait des dixaines (et même des centaines, pour remplacer tous les militaires qui vont en pension). Les quartiers d'habitations ne sont que peu utilisés et ne sont plus conçus pour un afflux de centaines de militaires. La base militaire ressemble à un parc naturel, c'est presque la ville de Prypiat (mais en mieux entretenu). C'est si grave que certaines formations sont données simultanément avec le VDAB (l'équivalent flamand du FOREM) pour arriver à un minimum d'étudiants.

Les navires ont déjà un manque de personnel. Quand un navire va a quai pour l'entretien annuel, une partie de l'équipage est envoyé sur un autre navire pour arriver au nombre minimum de personnel à bord pour pouvoir sortir en mer.

Pour augmenter le flux de nouveaux matelots et de sous-officiers, les officiers ont décidé de raccourcir la formation des militaires. Alors qu'il y a quelques années, un sous officier (fonction technique à bord) suivait des cours d'environ 6 mois, maintenant les cours ne font plus que quelques semaines. De plus, pendant cette période on ne forme pas des électriciens, mais des mécaniciens-électriciens (ils doivent tout savoir faire, quoi). C'est la politique de l'autruche: au début, on a évidemment un peu plus de militaires à bord, mais les connaissances et la qualité du travail s'en ressentent. Ces militaires qui doivent tout savoir faire en quelques mois sont débordés et ne restent évidemment pas à la Marine.

C'est grace à la Marine néerlandaise que la base de Zeebruges a encore du travail. En effet, les chasseurs de mine de la Marine belge et néerlandaise sont entretenus à Zeebruges. Je travaille plus souvent sur les navires des Pays Bas que sur les navires belges.

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