VFK0644
le tournevis électronique
Historique

VFK0644, le tournevis électronique

Le VFK0644, cela vous dit quelque chose? Probablement pas (ou plus...). Il y a une quinzaine d'années, je réparais presque exclusivement les caméras vidéo pour Hifi Roels. Le code que je vous ai donné est un code Panasonic, tous les techniciens devraient le savoir.

Il y a bien longtemps de cela, les caméras vidéo avaient des potentiomètres pour régler le fonctionnement des camescopes. Les potentiomètres sont devenus de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'une limite pratique fut atteinte. Les camescopes de plus en plus complexes avaient de plus en plus de paramètres à régler, mais de moins en moins de surface disponible. Le prix du millimètre carré de circuit imprimé était en train de flamber!

Les premiers camescopes avaient des réglages pour les paramètres de base du capteur: pédestal (niveau zéro du capteur), amplification, correction de la dominance couleur, blooming,... Une vingtaine de réglages à faire et l'appareil était bon pour le service.

Ces camescopes avaient un réglage mécanique du "back focus". Il s'agit d'un réglage sur l'optique qui permet d'avoir une image nette quel que soit la position du zoom. Une fois la mise au point en mode télé, l'image restait nette indépendamment de la position du zoom. L'optique était parfocale. Les caméras de télévision et de cinéma étaient également parfocales.

Mais les camescopes sont devenus de plus en plus petits et de plus en plus de fonctions sont devenues électroniques. Il n'y avait plus de place pour une bague de zoom: les doigts des utilisateurs n'avaient pas rétréci comme le camescope. Les optiques n'étaient plus parfocales, car le système optique destiné à la correction a dû être éliminé faute de place. Quand le zoom était modifié, il fallait également corriger la mise au point. Les optiques étaient devenues varifocales. Ces réglages étaient bien évidemment électroniques, puisqu'il n'y avait plus de place dans les optiques minuscules.

Le VFK0644 est en fait un tournevis électronique qui permet de régler les différents paramètres de fonctionnement. Il n'y a pratiquement pas de différence avec le DSKY: pour la commande du module lunaire, les astronautes utilisaient les touches PROG, VERB et NOUN, ici il faut utiliser COMMAND, DATA et ADDRESS (j'étais astronaute dans une vie précédente). Le DSKY avait un affichage fluorescent vert, le VFK0644 n'avait que de vulgaires dels rouges. Le DSKY travaillait en octal, le VFK0644 en hexadécimal.

Chaque nouveau camescope nécessitait un nouveau module EEPROM (le module monté est pour le Panasonic NV-S7). La modification d'une valeur s'effectuait comme avec un camescope traditionnel, mais bien plus lentement (c'est cà le progrès). Au lieu de tourner à un potentiomètre, il fallait introduire des valeurs numériques. Ces valeurs numériques étaient alors stockées dans la mémoire de la caméra et déterminaient la valeur d'une résistance virtuelle.

Pour modifier la valeur du pédestal, il fallait introduire les ordres suivants:

  • [0] [1] [CMD] (command 01: écriture )
  • [6] [E] [DATA] (la nouvelle valeur)
  • [8] [A] [ADR] (l'adresse où la valeur doit être enregistrée)
  • [SET] (pour effectuer la commande).
Il y avait aussi des commandes pour lire le contenu des différentes adresses, pour remettre une série de valeurs à zéro (à éviter: le camescope était bon pour le bac, car il était pratiquement impossible de régler correctement tous les paramètres dont certains étaient réglés en usine).

Les points de réglages de la partie vidéo ont également été repris en version numérique (par exemple le point de commutation des têtes vidéo). Cela a commencé avec le Panasonic NV-S1 qui avait une seule plaquette de circuit imprimé regroupant toutes les fonctions, aussi bien mécaniques (enregistrement vidéo) qu'optiques (caméra).

On pouvait également augmenter ou réduire une valeur ([DATA] [INC] ou [DEC] et [SET]) ou lire les emplacement de mémoire consécutifs ([ADR] [INC] ou [DEC]). Il était possible de passer d'un bloc de mémoire à un autre ([SHIFT 1] et [SHIFT 2], c'était prévu dans le hardware, mais je n'ai jamais dû le faire en pratique.

La communication se faisait avec un petit cable. Au début, il y avait un connecteur sur le circuit imprimé, mais par après (vu la flambée des prix du millimètre carré) il fallait souder les cables à différents points du circuit.

Et puis Hifi Roels est tombé en faillite...

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