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la télédistribution: une histore belge
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Historique de la télévision

La télédistribution: une histoire belge dont on peut être fier!
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Dès les années 1960, on installe les premiers réseaux de télédistribution aux Pays Bas et en Belgique. La diffusion des programme par voie hertzienne s'effectue en utilisant une bande de fréquence VHF et UHF, et ces signaux se propagent en ligne droite. Il faut donc avoir une vue directe de l'émetteur. Une antenne intérieure ne suffit généralement pas à capter les émetteurs, sauf s'ils se trouvent à moins de 50km et qu'il n'y a pas de dénivelation de terrain.

Aux Pays Bas, il s'agit surtout de capter plus aisément les programmes des émetteurs limitrophes et de se passer des antennes individuelles au profit d'antennes collectives. Une antenne pour toute une collectivité, c'est moins cher qu'une centaine d'antennes individuelles. On construit beaucoup aux Pays Bas, et tous les appartements dans les nouveaux quartiers ont d'office une installation d'antennes collectives.

En Belgique, les premiers réseaux servent les collectivités dans les vallées où une bonne réception n'est pas possible. Il s'agit principalement de certaines régions en Wallonie. Avec l'antenne collective placée sur une colline il devient possible de recevoir également les émetteurs étrangers, à cette époque RTL, TF1, A2 et FR3 et quelques programmes allemands dans la région de Verviers.

La formule s'étend rapidement aux grandes villes: dans les années 1970 les grandes villes sont "cablées" et dans les années 1980 c'est au tour de la campagne. En plus d'une distribution d'électricité et d'eau, les ménages peuvent disposer d'un branchement à la télédistribution. La plus grande société de télédistribution était Coditel.

Alors que la campagne française s'hérisse d'antennes pour recevoir trois malheureux petits programmes français (TF1, A2 et FR3), la Belgique se dote d'un réseau de télédistribution performant qui transmet plus de 20 programmes. Pour encourager les habitants de maisons isolées de se réccorder au réseau, le tarif était réduit: 15 francss par mètre. Et ainsi, en dessous du cable d'alimentation électrique on voit un cable de télédistribution.


Une connection au réseau de télédistribution se résume pour l'abonné à une boite de distribution avec une connection pour la télé et une pour la radio (programmes FM). Plus d'antenne qui se corrode, plus de cable d'antenne qui lache,... Mais par contre plus d'une dixaine de programmes en plus.

La connection est en théorie prévue pour une seule télévision et un seul poste de radio et brancher deux appareils sur une même boite produit des interférences (impédance non-adaptée). Pour pouvoir utiliser plusieurs télévisions, il faut ajouter un petit amplificateur qui va surtout adapter les impédances et séparer les deux sorties.

Les pouvoirs publics voient cet engouement d'un très bon œil, car cela augmente le nombre de téléviseurs, et donc le nombre de redevances radio-télé. Selon la première lettre de ton, nom, tu devais payer ta redevance en avril ou à la fin de l'année. De plus, les télédistributeurs étaient obligés de refiler la liste de leurs clients à fiscula. Comment expliquer au fisc que tu n'avais pas de télé alors que t'avais un abonnement Coditel... En plus de la redevance radio et télé, il y avait la redevance autoradio. Ces taxes très peu populaires ont été supprimées en Flandre (je crois que c'est la seule et unique taxe qui ait été supprimée). Pour la Wallonie, je ne sais pas, c'est très loin la Wallonie... Avant l'avènement de la télédistribution, il y avait des voitures banalisées qui roulaient le soir en ville pour détecter les signaux émis par les postes de télévision. Ils avaient appris cela de la Gestapo une dixaine d'années avant.

On en profite pour transcoder les programmes anglais de la norme I à la norme B (déplacement de la porteuse son, une opération simple) et les programmes français de la norme SECAM à la norme PAL, ce qui permet d'éviter d'avoir à acheter un poste multinormes deux fois plus cher (les français eux seront obligés d'acheter un poste multinormes, avec la première chaine qui émet en 819 lignes et les autres chaines en 625 lignes).

Les français, parlons-en justement. S'ils ont choisi la norme E et L en monochrome et le SECAM en couleurs, ce n'est surtout pas pour la qualité technique des normes françaises qui sont en dessous des normes B/G/I. Ce n'est pas uniquement pour protéger le marché des fabricants français, mais également pour se protéger de l'invasion des programmes étrangers. L'exception culturelle jouait déja dans les années d'après guerre en France. Si la France bloque la porte aux programmes étrangers, ce n'est pas pour les faire rentrer par la fenètre avec un réseau de télédistribution. Les français auront toujours des antennes individuelles et puis des paraboles. Les quelques tentatives de télédistribution seront lancées trop tard, il faut alors investir dans un réseau, alors qu'apparait la concurrence des satellites dont le coût pour le particulier est moins important. Les autres pays avaient déjà leur réseau et ne devaient plus faire de gros investissements.

Du coté technique, la fréquence des programmes doit être déplacée vers la bande VHF, car les pertes sur le cable sont trop importantes en UHF. Mais on ne peut placer qu'une dixaine de postes dans la bande VHF, ce sont les canaux VHF de 2 à 11. Les autres programmes doivent être placés dans d'autres bandes de fréquences qui ne sont pas utilisées pour la diffusion hertzienne. Tous ces canaux sont appellés génériquement "interbande" alors que techniquement il n'y a que quelques canaux dans l'interbande.

Pour recevoir ces canaux, il faut louer un convertisseur qui va déplacer ces programmes vers une fréquence que les télévisions standard peuvent recevoir. Non seulement les téléviseurs de l'époque ne pouvaient pas recevoir l'interbande, mais en plus, ils n'avaient qu'un nombre limité de préselections. Mais la règle est que les programmes nationaux (BRT et RTB) soivent se trouver dans les canaux VHF standards pour pouvoir être reçus par tous les téléviseurs.

Le convertisseur n'est pas un décodeur comme celui de Canal+ ou de Filmnet, les programmes ne sont pas codés et peuvent être reçus librement avec une télévision avec tuner adapté. Le convertisseur ci-dessus, très connu des abonnés Coditel, utilise des codes non-standards pour les canaux de l'interbande. Les canaux standard que toutes les télévisions peuvent recevoir sont las canaux E2 à E12.

Mais on voit rapidement apparaitre des téléviseurs avec un tuner adapté, on voit fleurir le sigle OSCAR pour Omni System for Cable and Antenna Reception. Dans la bande des fréquence, nous avons

  • les canaux VHF-I (canaux 2 à 4, 48 à 62MHz), puis
  • la bande radio FM,
  • la bande S interbande (canaux S1 à S10, de 105 à 168MHz) dont certains canaux ne peuvent pas être utilisés car les fréquences sont déjà assignées à la radio,
  • la bande VHF-III (canaux 5 à 12, de 175 à 224MHz), la plupart des téléviseurs standard ne pouvaient pas capter le canal 12
  • la bande S superbande (canaux S11 à S20, de 231MHz à 294MHz),
  • l'hyperbande, canaux S21 à S41, fréquence de 303 à 463MHz
  • La bande UHF low (bande IV), canaux 21 à 37, fréquence de 471 à 599MHz et finalement
  • la bande UHF high (bande V), canaux 38 à 69, fréquence de 607 à 855MHz.
Dans les réseaux cablés les plus modernes, il était également possible d'utiliser une partie de la bande UHF (bande IV). Le cable de télédistribution pouvait ainsi au mieux transporter une cinquantaine de programmes télévisés.

Puis beaucoup plus tard, Telenet issus de la fusion de plusieurs cablo-distributeurs flamands se lance dans la téléphonie (avec très peu de succès) et l'internet via le cable avec un modem aux normes DOCSIS. Le problème à l'époque, c'était que tout le réseau cablé était conçu pour une communication dans un seul sens: de la centrale vers l'abonné. Il a fallu remplacer tous les amplificateurs, qui amplifient une bande de fréquence dans un sens et une bande spécifique (la voie de retour) dans l'autre sens. Au bébut la bande de retour avait un débit très limité: en effet tous les utilisateurs devaient utiliser la même bande de fréquences, située en dessous de la bande VHF-I (pour permettre une bonne séparation des flux). Plus tard, quand la télévision deviendra numérique et que le nombre de programmes analogiques sera diminué, on utilisera les bandes ainsi lbérées pour augmenter le débit. Dans un canal de télévision analogique on peut loger 8 programmes de télévision (ou même plus, si la qualité peut être réduite).

Telenet se lance dans la téléphonie, donc Proximus ne pouvait pas rester en reste et a également lancé l'internet (et la télévision par ligne de téléphone) via son réseau. Le réseau téléphonique destiné à la parole (fréquence de 300 à 3000Hz) a été transformé en réseau totalement numérique. Ils profitent du fait que la connection à haut débit ne doit se faire que jusqu'à la centrale téléphonique la plus proche. Tant que la centrale se trouve à moins de 4km il est possible d'utiliser la ligne de téléphone comme ligne à haut débit.

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