Télévision
Historique des normes couleur
SECAM
Et on remet cà pour la couleur! Si tout le monde en Europe semble d'accord pour ne pas utiliser la norme américaine NTSC jugée insuffisante, il y a à nouveau pas d'accord sur une norme valable pour toute l'Europe.
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Pour transmettre la couleur les français (et les russes) ont choisi une autre approche: au lieu de transmettre simultanément les deux différences de couleur en quadrature de phase, on n'en transmet qu'une à la fois. Ici aussi on utilise une ligne à retard pour stocker pendant 64µs l'information qui n'est pas transmise, car pour décoder l'information couleur complète, il faut chaque fois disposer des deux différences.

Avec la norme PAL la ligne retard est utilisée pour faire la moyenne et éliminer les erreurs de phase, tandis qu'avec la norme SECAM la ligne retard est utilisée pour stocker l'information manquante. La ligne retard est donc plus importante en SECAM (elle est même nécessaire).

Cela aurait été parfait, si les français n'avaient pas choisi de moduler l'information couleur en FM. La modulation FM a comme avantage qu'il y a moins de bruit de fond dans la couleur quand le signal est faible, mais autrement la FM n'a que des inconvénients.

Avec le système NTSC et PAL la sous-porteuse n'est visible dans l'image monochrome que quand l'émetteur transmet une image fortement saturée et contrastée, mettant à mal le filtre en peigne.

En FM, cette sous-porteuse est toujours présente. Pour réduire sa visibilité; la norme SECAM utilise deux porteuses à 4.41 et 4.21MHz et un filtre couleur spécifique. Il n'est pas possible d'utiliser un filtre en peigne, car la FM produit un spectre continu.

Le graphique nous montre la bande passante de l'information couleur. Quand il n'y a pas d'information couleur (image en noir et blanc), on ne transmet que les porteuses. Plus la couleur est présente, et plus la déviation est importante. La déviation en fréquence va de 3.9MHz à 4.75MHz, mais la modulation produit évidemment des harmoniques qui se retrouvent dans le spectre et qui sont nécessaires, car elles permettent de décoder la couleur, c'est le tracé en forme de volcan violet.

Pour réduire la visibilité de la porteuse FM, on va réduire l'amplitude du signal quand il n'est que peu modulé (en AM cela s'appellerait une modulation à porteuse réduite). Dans le récepteur, on utilise un filtre inverse, le filtre cloche qui va ré-équilibrer l'amplitude du signal; c'est nécessaire car le type de démodulateur FM utilisé est malgré tout sensible à l'amplitude du signal.

Mais il y a également une influence de la luminance sur la chrominance, avec apparition de zones fortement colorées dans des zones contenant une composante haute fréquence (hachures verticales). C'était tellement dérangeant que les chaines publiques francaises ont décidé de limiter la bande passante de la luminance à 3.6MHz, officiellement pour permettre le son nicam stéréo (n'oubliez pas qu'avec les normes françaises, le son est normalement transmis en modulation d'amplitude, donc pas de son stéréo). La limitation de la bande passante permet d'éviter les batterments.

Un autre inconvénient beaucoup plus important, c'est qu'il n'est pas possible d'additionner deux signaux vidéo, même parfaitement synchronisés, par exemple quand il faut ajouter un texte (incrustation) à une image. C'est par exemple le cas d'un décodeur satellite qui indique le numéro du canal, la polarisation,... Lors de l'incrustation, il n'y a plus de porteuse couleur. Quand il n'y a plus de porteuse, un démodulateur FM produit un bruit de fond, et c'est aussi le cas ici (trainées colorées pendant et à droite des incrustations).

C'est la raison de l'obligation en France d'équiper tous les téléviseurs (et appareils accessoires) d'une fiche peritel qui transmet le signal vidéo sous forme RVB et non plus composite. Le décodeur satellite doit ainsi avoir un décodeur SECAM à bord (ce qui le rend plus cher et fait double usage avec le décodeur déjà présent dans la télé). Tout ça pour simplement pouvoir ajouter des incrustations...

Dans une table de mixage vidéo, on utilise plusieurs sources synchronisées. En NTSC et en PAL, il est possible de mélanger plusieurs signaux et le résultat est une image couleur valable (pour autant qu'on vérifie le niveau correct du top de synchronisation). Cela n'est pas le cas avec la modulation de fréquence: l'addition de deux signaux ne produit pas une image couleur.

Les tables de mixage françaises devaient donc contenir un décodeur/recodeur et étaient donc beaucoup plus complexes. Même le sous-titrage et l'incrustation nécessitaient un décodage/recodage. Finalement, les français ont opté pour du matériel de studio en PAL, n'effectuant la transformation en SECAM qu'au moment de l'émission. Mais les français eux, ont payé plus cher leurs magnétoscopes, décodeurs,... et aussi les émetteurs via la taxe sur les téléviseurs et la redevance télé.

La norme SECAM est passée par plusieurs versions qui diffèrent principalement par la position des tops d'identification. Au début, il y avait une identification par trame mais elle ne permettait pas le telétexte.

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