Historique
Les mires de télévision
 

Mires électroniques

Les premières mires se composaient d'une caméra de télévision filmant un carton. Les grands studios américains disposaient d'un tube spécial qui contenait une mire gravée: le monoscope, un tube de télévision qui ne pouvait fournir qu'une seule image.

L'arrivée de la couleur a forcé les studios à utiliser une mire totalement électronique, permettant de régler les téléviseurs. La mire électronique Philips PM5544 est une des plus connues. Ah! C'était le temps où Plilips signifiait encore quelque chose...


Mire électronique Explications

Nous de décrivons pas tous les éléments de la mire, uniquement les plus importants. La linéarité horizontale et verticale était réglée grâce au grillage (les blocs doivent tous avoir la même grandeur). Le grillage blanc pouvait également être utilisé pour corriger la convergence dans les premières télévisions.









1
Les cases blanc/noir à l'extérieur de l'image ne servent pas seulement à controler le positionnement correct de l'image, mais controle également que la télévision réagit correctement aux fortes variations de l'intensité lumineuse près des tops de synchronisation.

Si la synchronisation n'est pas en ordre, l'image n'est pas parfaitement verticale mais est déplacée latéralement selon que la case est noire ou blanche.


2

L'espace gris vertical à gauche et a droite contient le signal couleur, mais inversé d'une ligne à l'autre. Un téléviseur PAL doit faire une moyenne du signal couleur sur deux lignes et donc éliminer la couleur: c'est la différence entre le système PAL et NTSC. Les erreurs de phase qui peuvent se produire pendant la transmission sont ainsi éliminées automatiquement avec le système PAL.

Cet espace vertical peut avoir une dominante colorée si la linéarité d'un des amplificateurs n'est pas bonne: le signal positif est amplifié plus que le signal négatif (ou l'inverse) et la moyenne sur deux lignes n'est plus nulle. Les deux cotés de l'image testent les deux amplificateurs couleur: il est donc possible que l'erreur ne se produise que d'un coté de l'image.

Les appareils PAL bon marché n'avaient pas de ligne à retard et ne pouvaient donc pas faire une moyenne sur deux lignes. Ces appareils avaient généralement un écran plus petit, et la moyenne était effectuée de façon purement "optique".

L'émetteur envoie une ligne +b et une ligne -b, mais l'entrelaçage produit à l'écran deux lignes d'une teinte et deux lignes de la teinte inverse (en cas de panne ou en cas d'appareil sans ligne à retard).


3
Les oreilles ne contiennent pas un signal qui est utilisé pour controler le fonctionnement de la télé. Il s'agit simplement d'un signal coloré. D'autres parties de l'image sont plus interessantes.


4
Les bandes larges noir et blancs permettent de controler la bande passante de l'appareil dans les fréquences basses. Les barres blanches ou noires doivent garder la même intensité du début à la fin de la barre. De telles fautes ne se produisent pratiquement plus, sauf en cas d'un condensateur de couplage défectueux. Dans ce cas, il y a également un défaut de synchronisation.

Ces blocs contiennent également une ligne verticale permettant de controler qu'il n'y ait pas de réflection du signal d'antenne (réception d'une image multiple). Un trait qui est suivi de près d'oscillations indique qu'un des étages est en train d'osciller (gain trop élevé ou amortissement insuffisant). La ligne blanche en bas est éliminée si on place ici le nom de l'émetteur.


5
Les blocs colorés ont une saturation de 100%, ce qui peut provoquer un dépassement des niveaux maximums du blanc et noir (addition de la sous-porteuse couleur au jaune donne un signal qui devient "plus blanc que blanc", et inversément pour le bleu. Pour éviter cela, le jaune est déplacé vers les tons gris et le bleu est plus clair qu'il ne serait en réalité. Les anglais qui utilisent la même mire utilisent une saturation à 75%, mais les niveaux de gris sont corrects.


6
Il s'agit de sinusoidales à fréquence de plus en plus élevée. Les mires optiques utilisent des passages abrupts et cela ne pose pas de problème à cause de la limitation de la bande passante du tube de télévision, mais en cas d'image générée électroniquement, cela produit un dépassement des niveaux (addition de la première, troisième, cinquième,... harmonique). Une autre possibilité pour éviter les dépassements de niveaux est d'utiliser une modulation de 75%, mais cette proposition a été rejetée. Il y a par contre des blocs modulés à 75% au dessus de la barre des couleurs saturées.

Les deux blocs à droite qui représentent une fréquence de 3.8 et 4.8MHz ont un battement coloré car cette fréquence entre dans la bande passante du décodeur couleur. Si le filtre cloche de la détection couleur est bien réglé, le battement a la même intensité dans les deux blocs.


7
Nous avons ensuite les deux lignes blanches au centre de l'image. A cause de l'entrelaçage, nous avons une vibration de la ligne blanche. Les téléviseurs qui ont une mauvaise séparation de la synchronisation peuvent avoir des lignes pairées: les lignes paires et impaires sont superposées au lieu d'être intercalées.


8
Le signal de chominance a une bande passante plus étroite et son traitement est plus complexe, ce qui produit un retard de la chromiinance sur la luminance. Ce retard doit être compensé dans la télévision (en retardant la luminance), autrement le bloc rouge est déplacé vers la droite (en comparaison de la grille). Les appareils bon marché n'ont parfois pas de compensation du délai.

Signaux de différence couleur

Pendant la transmission, on utilise les signaux de différence de couleur R-Y et B-Y, et pas les vrais signaux de couleur (RVB). Pourquoi?

En transmettant la luminance et la chrominance (différence de couleur) on peut réduire la bande passante nécessaire. La luminance a une bande passante élevée. Les signaux de couleurs RVB qui composent la luminance ont donc aussi une bande passante élevée. Par contre la chrominance (la différence de couleur) a une bande passante faible car nos yeux ne sont pas en mesure de discerner de fins détails colorés.

De plus, ce système permet une compatibilité avec les appareils monochromes et les moniteurs de surveillance: la luminance (qui est décodée par tous les appareils) est le signal principal, tandis que l'information couleur est transmise par une sous-porteuse que seul les appareils couleurs décodent.

En cas d'image RVB, la plus grande partie de l'information se trouve dans le canal vert. Il y a donc relativement peu de différence entre le canal vert et la luminance. On va donc transmettre les canaux de différence rouge et bleu et reconstruire le canal de différence vert à partir de la luminance et des différences rouge et bleue.

D2 MAC

Pour trouver un compromis à la guerre PAL/SECAM, un nouveau format a été développé, où la luminance et la chrominance sont transmis l'un après l'autre sur une ligne (MAC: Multiplexed Analog Components). Les signaux de différence-couleur sont transmis alternativement l'un et puis l'autre comme en SECAM. Le signal n'est autrement pas modifié (nombre de lignes, fréquence,...) pour permettre un passage plus facile au système D2-MAC. Ce système est un compromis pour éliminer les défauts du système d'origine (influence de la luminance par la chrominance et inversément). Le son est transmis en numérique (NICAM) dans une partie de l'image et la porteuse son n'est plus nécessaire non plus.

D2-MAC utilise la même bande passante que les programmes normaux. Le but était d'utiliser cette norme pour toutes les émissions par satellites, et passer également à cette norme pour les émissions terrestres. Les fournisseurs de service européens étaient obligés de travailler en D2-MAC pour les programmes transmis par satellites.

Mais Astra n'était pas liée à la législation européenne et a utilisé la norme PAL qui était utilisée par pratiquement tout le monde. Et environ 10 ans plus tard, on a vu l'apparition de la télévision numérique et D2-MAC a disparu avant de vraiment percer. Tous les programmes sont actuellement transmis en numérique (DVB: digital video broadcast). L'avantage est qu'on peut mettre 8 programmes dans un canal de télévision classique. Les fournisseurs qui n'étaient pas très enclins à passer au D2-MAC parce qu'il n'y avait pas de matériel de réception se sont jetés sur la norme numérique (matériel de réception ou pas).

La mire est une représentation du signal D2-MAC, avec d'abord le son numérique, la chrominance et puis la luminance. La chrominance est comprimée doublement par rapport à la luminance. Un téléviseur PAL ou SECAM n'est en effet pas en mesure de reproduire ce type de signal qui n'a pas de synchronisation. Le temps prévu pour la synchronisation (environ 12µs) est utilisé pour le son numérique.

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