Technque
les réparations avant et maintenant
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Historique

Alors que les techniciens parlaient à l'époque d'antennes Yagi-Uda, de sous-porteuse couleur et de fréquence pilote, maintenant les techniciens n'ont plus qu'un seul mot à la bouche: update. Les techniciens n'ont plus de multimètre ni de tournevis dans leur valise, mais un tas de clef USB!
  • Plus de son quand vous changez de poste sur la télé? Firmware update!
  • La machine à laver ne tourne plus? Firmware update!
  • Le percolateur est entartré? Firmware update!
  • Le fiston nique les garçons au lieu des filles? Firmware update!
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ACEC (Charleroi), Precisia (Bruges), Anex, Carad, MBLE (Bruxelles),… Chaque ville ou village avait sa fabrique de radios et de télévisions. Fabriquer un téléviseur n'était pas si compliqué. On pouvait même acheter un téléviseur en kit!

La première photo a été prise chez mes parents un 1972. Les émissions en couleur existaient déjà depuis 1969. La plupart des ménages avaient encore un téléviseur monochrome à l'époque, mais un téléviseur des années 1950 qui fonctionnait encore dans les années 1970 était assez inhabituel. Il faut dire que mes parents n'étaient pas très riches et le téléviseur était pratiquement leur seule richesse (avec un frigo). Je pouvais regarder “le jardin extraordinaire” avec Arlette Vincent et Edgard Kesteloot, et puis au lit!

La télévision était louée (une sorte de Téléfusion avant la lettre). Remarquez l'antenne en forme de papillon et le haut parleur supplémentaire (un center speaker!). Plus tard, nous avons utilisé une antenne yagi placée dans le grenier, mais on ne pouvait toujours capter que la RTB. Tourner l'antenne se faisait par un cable qui passait par le plafond. L'antenne était surtout dirigée vers l'Atomium (nous étions entourés de batiments plus haut, mais nous avons une vue directe sur l'Atomium dont les boules servaient de réflecteur). Le téléphone que vous voyez était un simple intercom avec le grenier. Mes parents n'ont jamais eu le téléphone ni une voiture.

L'arrivée de la couleur a sonné le glas des petits producteurs indépendants. L'utilisation d'un tube image couleur rend les circuits très compliqués. Il ne reste plus que les grands: Barco en Philips.

Chassis Philips KM-1

C'était le temps où Phililps fabriquait encore lui-même ses appareils. Le premier téléviseur couleur que j'ai réparé était un KM-1. C'était un appareil en évolution constante et l'appareil contenait de nombreux fils volants et de composants flottants. Le téléviseur multistandard était une vraie usine à gaz, avec de nombreux circuits dédoublés (mais l'appareil ne reproduisait que la couleur PAL). L'appareil avait deux pentodes de ligne montées en parallèle (une pentode ne suffisait pas) et le circuit de haute tension était équipé d'un tube extraordinaire, un PD500, une triode haute puissance. Le but de ce tube était de stabiliser la haute tension. Les téléviseurs monochromes avaient assez avec quelques résistances VDR, mais cela ne suffisait pas pour la couleur. Quand l'image devenait plus foncée (scènes de nuit), le tube bouffait le surplus de haute tension. L'anode pouvait devenir toute rouge à cause de la dissipation (30W). Maintenant de petits malins utilisent ce tube comme générateur de rayons X.

Plus tard est venu le chassis K12 utilisant à fond la technologie modulaire. Les différents modules se trouvaient sur des petites platines qu'on pouvait facilement remplacer. Hélâs, le point faible de ces télévisions était justement les contacts des modules avec la platine-mère. La seconde photo montre un module (préamplificateur RGB) en céramique avec des composants montés en surface. Les résistances sont les lignes noires. Le circuit contient également des composants classiques comme des transistors et des diodes

Téléviseur Philips à imprimante télétexte

Plus tard, alors que le transistor avait renvoyé les tubes aux oubliettes de l'histoire, nous avons pu faire la connaissance du télétexte. Dans les années 1980, il fallait une platine avec de monbreux circuits imprimés pour décoder l'information télétexte. Maintenant il suffit d'une demi-puce pour surfer sur l'internet, calculer la trajectoire d'un missile ballistique (pas celui de Corée du Nord) et boucler le budget de l'état. Philips a fabriqué un téléviseur avec imprimante télétexte, ce qui était considéré comme un petit miracle à l'époque. L'imprimante était une imprimante graphique utilisant du papier thermique (comme les fax de la même époque). Philips était à l'apogée à cette époque.

Nous pouvons être fier, nous petits belges, d'avoir été à la pointe du progrès et du confort, notament avec la télédistribution. Quand les français ont commencé à tirer des cables de télédistribution, ils ont eu la concurrence des chaines de satellite et le réseau n'a jamais été étendu à tout le territoire.

Unintended consequences

La soudure sans plomb est obligatoire depuis quelques années. Le plomb est mauvais pour le milieu, donc à première vue c'est un développement positif.

Mais le plomb est nécessaire dans la soudure: il facilite le travail des techniciens. Il n'y a que la soudure au plomb (Sn 63%  Pb 37%) qui soit eutectique: le passage de l'état liquide à l'état solide se fait à une température bien définie, ce qui produit une soudure parfaite (elle brille bien). La soudure sans plomb passe par un état pâteux pendant un gradient de température important. La soudure n'est pas solide et pas liquide et se désagrège complètement si le composant bouge.

La soudure sans plomb n'adhère pas bien aux composants. Les soudures sont moins solides (la soudure ne brille pas car les différents éléments chimiques se figent à des températures différentes) et l'appareil est moins fiable. C'est pour cela que le plomb est encore autorisé dans des applications où la fiabilité est primordiale (le secteur hospitalier et l'aviation). Les consommateurs doivent se contenter d'appareils moins fiables. Les mauvaises soudures produisent des pannes intermittentes qui sont souvent difficiles à localiser.

Le plomb réduit la température de fusion de la soudure. Maintenant, je dois utiliser une température de 50° plus élevée et la panne du fer se corrode beaucoup plus vite. Les composants ne résistent pas bien à cette température plus élevée (germanium: 90° et silicium: 160°). Les composants deviennent de plus en plus petits (la température critique est donc atteinte plus rapidement). Souder doit se faire plus rapidement, alors que la soudure sans plomb n'adhère pas bien aux composants. Moins de plomb dans le milieu, mais plus d'appareils peu fiables qui se retrouvent plus rapidement à la décharge. Les verts ont encore eu leur mot à dire....


Photo de droite:
mon oscilloscope Tektronic 310A,
le ”nec plus ultra“ des oscilloscope de l'époque.
Il date de 1959 et fonctionne toujours parfaitement.
Evidemment, il n'avait pas de soudures sans plomb...

A gauche un exemple de la soudure sans plomb. J'étais en train de souder des cosses quand je tombe à cours de soudure. Je vais vite chercher un nouveau rouleau au magasin (j'utilise des quantités industrielles de soudure et la soudure, je vais la chercher par rouleau de 500g).

Directement je me rends compte que ce n'est pas la bonne soudure. Sur l'image on voit bien la surface grumuleuse qui apparait quand la soudure se fige, on dirait une soudure froide. J'ai vité été cherché un rouleau de vraie soudure pour continuer mon travail... A l'armée, on trouve encore de la soudure avec plomb.

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