Amplificateurs à tubes
L'étage de puissance
KT77

Un amplificateur que j'ai réparé il y a plus de 20 ans et dont je viens juste de retrouver le schéma. Il s'agissait d'un clone du très connu Dynaco ST70.
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KT77 - 6L6

Voici le schéma final d'un amplificateur que j'ai restauré, je viens de redécouvrir le schéma récemment en faisant du rangement.

Cet amplificateur était un clone du Dynaco ST70, très populaire à l'époque des tubes. Contrairement à la version originale, l'ampli n'utilisait pas de circuit imprimé, mais des borniers soudés. C'était en fait bien mieux, car le circuit imprimé se désagrège au bout de quelques années. De plus, sans circuit imprimé, je pouvais entièrement personnaliser l'amplificateur selon mes besoins.

L'amplificateur n'avait plus de tubes, mais d'après sa conception standard, le préamplificateur devait être équipé d'un tube 7199. Même à l'époque, ces tubes américains étaient très rares, et j'ai utilisé un ECF80 (facile à faire puisque l'amplificateur n'utilisait pas de circuit imprimé).

Le problème de l'ampli était un transfo d'alimentation grillé, que j'ai remplacé par ce que j'avais à la maison. Le transfo fournissait une tension plus faible, 180V et 230V, j'étais donc limité par les lampes de puissance que je pouvais utiliser.

L'étage de sortie utilisait probablement une paire de tubes EL34 par canal. J'ai utilisé des tubes KT77 qui fonctionnaient bien avec une tension plus basse. Ceux-ci ont une puissance de sortie légèrement inférieure, mais un rendement un peu plus élevé. Par ailleurs, la dissipation maximale d'un tube dépend largement du fabricant. J'ai également testé l'amplificateur avec des tubes 6L6, mais j'ai finalement opté pour le KT77. De nombreux tubes de cette série ont les mêmes connexions et peuvent donc être facilement interchangés.

Des résistances avaient perdu leur valeur, des condensateurs fuyaient et les condensateurs électrolytiques étaient desséchés. J'ai retiré toutes les pièces et j'ai reconstruit l'amplificateur à partir de zéro. J'ai conçu mon propre schéma et calculé les composants. Il ne correspond à l'original que par l'utilisation des soquets originaux et le schéma général, composé d'une pentode préamplificatrice, d'une triode déphaseuse et d'un étage de puissance push pull.

Une particularité de cet amplificateur est l'application d'une contre-réaction sur la grille écran de la pentode du préamplificateur. On disait que le Dynaco avait un son assez brouillon et peu défini à cause de cette pentode. Je n'ai rien constaté de tel. Peut-être que l'ECF80 européenne est meilleure que l'américaine 7199, peut être à cause de la contre-réaction sur la grille écran. Attention si vous passez d'une contre réaction sur la cathode à une contre réaction sur la grille écran: il faut échanger le branchement des anodes des tubes de puissance au transfo, autrement on a une réaction positive.

Avec une contre-réaction sur la grille écran, l'amplitude du signal correcteur doit être supérieur à celle nécessaire avec une contre-réaction plus classique via la cathode. À pleine puissance, j'obtiens une tension alternative de 22 V efficace sur la grille écran.

Le Dynaco était équipé d'un transformateur de sortie ultra-linéaire. À l'époque, je ne disposais pas d'EL34, mais seulement de KT77 et de 6L6. La connexion ultra-linéaire était inutilisable avec ces tubes américains, la contre-réaction locale étant beaucoup trop importante. Le rapport recommandé est de 40% pour une pentode comme l'EL34 et de 15% pour une tétrode à faisceaus dirigés comme la KT77. De ce fait, la tension de commande des étages de sortie devait être si élevée que le déphaseur saturait, même avec une puissance relativement modeste de 20 W. Je n'ai donc pas utilisé les connexions ultra-linéaires.

J'ai également effectué des essais avec des 6L6, mais ces tubes sont moins sensibles, ce qui met le déphaseur cathodyne en saturation dans ce cas également. La 6L6 fonctionne aussi mieux avec une haute tension plus élevée (comme dans la conception originale). La tension anodique était plus faible ici, ce qui empêchait la 6L6 d'atteindre son plein potentiel.

J'ai utilisé une polarisation des étages de sortie via une résistance de cathode commune de 120Ω. Afin d'égaliser le courant de repos dans les deux étages de sortie, j'ai également utilisé une faible polarisation négative ajustable (maximum -8V, obtenue par redressement de la tension de chauffage). L'amplificateur fonctionnait pour 60% en polarisation cathodique. La tension sur la résistance de polarisation est d'environ 12V. Les deux résistances de 1Ω servent à mesurer le courant dans chaque tube (régler pour environ 50mA, peut monter à 60mA après 1h de fonctionnement).

Les trois petits condensateurs sans valeur servent à stabiliser l'ampli (éviter les oscillations parasites), leur valeur dépend grandement du transfo utilisé. Il ne faut pas absolument utiliser 3 condensateurs.

Malheureusement, j'ai dû me séparer de cet amplificateur lors de mon déménagement en septembre 2000. Je le considérais comme l'une de mes meilleures réalisations de l'époque (en fait, la meilleure, car les autres étaient loin d'être à la hauteur; je recherchais avant tout la puissance, et non la qualité).

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