Amplificateurs à tubes
Single Ended Push Pull
SEPP

Philips a également conçu un montage SRPP et l'a appellé Single Ended Push Pull. Ce circuit a été proposé en kit, mais Philips ne l'a jamais utilisé dans ses appareils (radios et téléviseurs).
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On peut affirmer que la firme belge MBLE a posé les bases du circuit SRPP. Mais Philips ne s'est pas laissé distancer et a également conçu un circuit similaire.

Ce circuit était proposé sous forme de kit de construction: il s'agissait d'un amplificateur de très haute qualité, avec une distorsion inférieure à 0,1 %. Philips n'a utilisé qu'une version simplifiée dans ses appareils: la qualité était trop élevée pour une radio ou un téléviseur et l'amplificateur comportait trop de composants, ce qui augmentait considérablement le coût total de l'appareil (y'a pas plus radin qu'un hollandais). Pour un kit de construction, le nombre important de composants nécessaires ne posait pas de problème.

Voici la version Philips du circuit SRPP. En magenta, le signal provenant de la première triode et alimentant l'EL86 inférieure, en orange, le signal destiné à l'EL86 supérieure, après passage par un étage d'inversion de phase. En bleu, l'alimentation de la seconde triode, qui reçoit une tension alternative (bootstrap), qui est essentielle au bon fonctionnement du circuit.

Le gain en tension de la pentode inférieure n'est que de 2,5 dans ce circuit. Une amplitude suffisante pour commander la pentode supérieure peut à peine être obtenue en utilisant des résistances inégales dans l'étage d'inversion de phase. Cependant, pour obtenir un sweep linéaire, la tension anodique d'une triode ECC83 ne doit jamais descendre en dessous de 100V, ce qui ici est assuré par le bootstrap formé par la bobine d'arrêt L1 et le condensateur C9.

Le circuit utilise un petit transformateur 1:1 pour alimenter correctement les grilles écrans, avec un potentiel fixe par rapport à la cathode de chaque pentode. Le modèle utilisé est un Philips AD9025. Il s'agit essentiellement d'une double bobine d'arrêt pour éviter de charger la sortie de l'amplificateur. Cette double bobine ne nécessite pas d'entrefer car les deux courants s'annulent. Le transformateur n'est pas sur le trajet du signal et n'a aucune incidence sur la qualité sonore.

Pour remplacer ce transfo spécifique, on pourrait utiliser un transformateur d'isolement, comme ceux utilisés dans certaines installations de sonorisation, afin d'éviter les boucles de masse. Le courant traversant les enroulements du transformateur est de 10 mA maximum. Au total, environ 73 mA circulent dans les étages de sortie.

C8 stabilise la tension de grille écran de la pentode inférieure, et C9 fait de même pour la pentode supérieure. Les deux grilles écrans sont au potentiel moyen de l'anode, ce qui est essentiel à un fonctionnement correct. C'est une solution intéressante pour cette partie du circuit.

Étrangement, les deux condensateurs de sortie de l'étage d'inversion de phase (C4 et C6) ont des valeurs différentes. Ceci est dû au fait que la pentode supérieure est alimentée via l'étage d'inversion de phase, ce qui introduit un condensateur supplémentaire (C3) sur le trajet du signal. Avec un condensateur de couplage de valeur moindre pour alimenter la pentode inférieure on équilibre le fonctionnement pour les basses fréquences.

C5 sert à compenser la capacité Miller de la triode, garantissant ainsi un signal identique envoyé aux deux étages de sortie, même pour les hautes fréquences.

Si vous ne disposez pas d'un haut-parleur à haute impédance (ce qui est fort probable), vous pouvez également utiliser un transformateur audio avec un rapport de transformation de 7:1 ou 10:1. Privilégiez un transformateur adapté aux lignes de sonorisation, de 100V, 12W ou 15W.

La contre-réaction est représentée en vert. Une contre-réaction positive est appliquée à la première triode (via R13 et R2), ce qui augmente le gain en tension. Personnellement, je ne la juge pas nécessaire et je préférerais alimenter la première triode avec une résistance découplée.

La situation n'est pas meilleure avec l'étage déphaseur, qui reçoit également une contre-réaction positive (suivez la ligne verte).

Ce circuit ne fonctionne correctement que si les composants ont les valeurs exactes. En raison de la contre-réaction positive, l'amplificateur est peu stable. J'ignore ce qui se passerait si l'émission de certaines cathodes serait devenu plus faible. Je comprends pourquoi Philips n'a pas utilisé ce circuit dans ses appareils: trop peu fiable!

Si vous souhaitez utiliser ce circuit (l'utilisation d'une double inductance est particulièrement intéressante), je vous propose ce circuit modifié.

  • Nous avons un étage d'inversion de phase cathodyne standard qui s'intègre parfaitement ici.

  • Une contre-réaction classique est présente entre les étages de sortie et la cathode du préamplificateur. La stabilisation du point de fonctionnement s'effectue uniquement via la pentode supérieure, mais, combinée à la stabilisation via la tension de grille écran de la pentode inférieure, cela suffit à maintenir la tension de sortie à la moitié de la tension d'alimentation.

  • La valeur des condensateurs de couplage a été réduite à une valeur plus raisonnable, ce qui limite la bande passante dans les basses fréquences et évite une surcharge de l'amplificateur dans ce domaine. La distorsion d'intermodulation s'en trouve immédiatement améliorée !
L'amplificateur bénéficie d'une stabilité intrinsèque grâce à l'absence de transformateur de sortie.

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