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radio à lampes
Saba
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Radio à lampes

Un ordinateur vient de passer entre mes mains, il date d'il y a moins de 4 ans (il a déjà le logo "Windows 7"). L'ordinateur redémarre brusquement sans raison apparente. J'ouvre le boitier: l'ordinateur pue le pipi de chat, c'est typique, quelques condensateurs électrolytiques ont fuit. La carte-mère est atteinte par la corrosion, l'ordinateur est bon pour la casse.

Un des vendeurs passe par là et me demande si je ne peux pas mettre une nouvelle fiche à sa radio. Il s'agit d'une Saba Freudenstadt de 1963 (c'est facile à déterminer quand on connait la technologie utilisée). Schwarzwälder Apparate-Bau Anstalt (Fabrique d'appareils de la forêt noire), ils ont bien fait de se limiter aux initiales...



Je met l'appareil sous tension avec un variac. Tout fonctionne bien, et je reçois parfaitement Klara en stéréo (mon portatif ne capte Klara qu'avec énormément de chuintements).



Le son est puissant, avec des bonnes basses et pratiquement pas de bruit de fond. Cet appareil utilise deux tubes assez rares (c'est le dernier type de tube produit, après cela on est passé aux transistors, même pour l'étage final). Un ECLL800 est une triode-double penthode de puissance. La partie triode est spécialement concue pour avoir un gain unitaire et être ainsi utilisée en inverseur de phase pour commander les deux penthodes qui fonctionnent donc en mode push pull. Le tube de la génération précédente (ELL80) n'avait pas de triode adaptée.



Ce tube permet de fournir jusqu'à 9W en classe B (avec 5% de distortion). La radio utilise deux de ces tubes (son stéréo).

On n'entend pas l'ondulation résiduelle du secteur (ronflement 100Hz) malgré que l'appareil n'a que deux condensateurs de 50µF et qu'il utilise 4 penthodes de puissance. Cela est dû au fait qu'un étage push-pull est peu sensible à l'ondulation résiduelle après filtrage. Contrairement aux étages simples, l'ondulation agit en balance sur le courant de plaque des deux penthodes, réduisant ainsi le ronflement.



L'oeil magique est un EMM803 prévu comme indicateur d'accord et comme indicateur stéréo. Le grand champ lumineux double se ferme quand l'accord est bon et le petit indicateur s'allume si la fréquence-pilote stéréo est présente.

Ce poste est en effet équipé d'un détecteur stéréophonique. Le système de construction le plus classique est un module séparé (équipé de transistors) pour la démodutation stéréo. Les appareils "basiques" n'ont pas ce décodeur, qui peut être ajouté par après. La FM stéréo a été lancée en 1961 sur la bande FM et de nombreux appareils ont été fabriqués avec un connecteur pour ajouter un décodeur stéréo.

Maintenant, les détecteurs stéréo sont toujours fournis sous la forme d'un circuit intégré. Le signal MPX entre ici, L sort ici et R sort là. Mais comment fonctionne un tel décodeur, plus personne ne le sait!

Le signal stéréo FM doit être compatible avec le système mono. On va donc transmettre le signal L+R comme dans le cas d'émissions monophoniques. Pour l'information stéréophonique, on va transmettre la différence (L-R) dans la bande passante qui reste. Nous n'avons aucun intéret à privilégier un canal au détriment de l'autre.

Le truc est simple: on va envoyer tour à tour le signal R et le signal L sur antenne. On utilise pour cela une fréquence d'échantillonage de 38kHz, qui se situe bien au dessus du double de la plus haute fréquence sonore (20Hz-15kHz). Le bruit de commutation (les harmoniques) est donc inaudible. On ne transmet pas la fréquence de controle à 38kHz, mais un signal pilote à 19kHz, qui va nous permettre de reconstruire la fréquence d'échantillonage. L'avantage d'un signal pilote est qu'il se situe hors de la bande passante sonore et n'est donc pas perturbé. La phase est importante, car de là dépend la séparation des canaux. En effet, si la phase a du retard, un échantillon aura à la fois une partie de signal L et une partie de signal R.

Il y a une page séparée qui donne plus d'informations sur la FM stéréo.

Le signal FM stéréo n'a qu'une séparation limitée. De plus, on utilise souvent la fonction "high-blend" (mélange des hautes fréquences) pour réduire le bruit de fond qui est plus que doublé en stéréo.

La démodulation synchrone est également utilisée en modulation d'amplitude (dans les appareils haut de gamme). La démodulation permet de mieux isoler la modulation en faisant une moyenne de l'onde porteuse redressée, tandis que la détection simple (avec diode simple alternance qui détecte le niveau de pointe) est fort sensible aux parasites. La démodulation synchrone permet même la stéréophonie en AM (aux Etats Unis, où la bande passante attribuée aux émetteurs est plus étendue).

C'est un des derniers postes à lampes de fabriqués: le type des tubes utilisés et le fait qu'il y ait un décodeur stéréo en sont la preuve. Les tubes portent l'indication Lorenz ou SEL (Standard Elektrik Lorenz): ITT (la maison-mère américaine venait en effet de regrouper ses différentes marques. Pour les appareils grand-public, on a continué à utiliser le nom Schaub Lorenz.

Le code couleur est le meêm que celui utilisé sur la page où quelques schémas standard de radio sont décrits.

Les premiers postes à transistors font leur apparition, mais la qualité sonore est désastreuse: un montage avec une paire de transistors OC72 ou OC74 (les seuls types de transistors de puissance disponibles à l'époque) ne fournit qu'un dixième de la puissance d'un ECLL800 ou ELL80. Ces premiers transistors ne sont pas fameux et produisent des craquements. La sensibilité de ces postes à transistors est assez faible car on essaie de limiter au maximum le nombre de transistors. Il faut des montages spéciaux (neutrodyne) pour éliminer les défauts des transistors, tandis que les tétrodes et penthodes n'ont plus besoin de cette neutralisation (et ce depuis 1930).

On a fabriqué des postes portables à lampes utilisant des tubes spéciaux se contentant de tensions de plaque plus faibles (90V). La tension de filament est de 1.4V au lieu de 6.3V et est founie par une pile R20. La consommation très faible de ces postes fait que les batteries durent aussi longtemp qu'avec un poste à transistors. Un tube consomme 50mA sous 1.4V pour le chauffage (qui est toujours direct) au lieu de 300mA sous 6.3V. Le courant d'anode est moins de 10mA pour la penthode de puissance. Deux penthodes DL96 produisent 0.5W en classe B (avec 2.6% de distortion), c'est plus que ne pouvaient produire les transistors de la même période.

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