Les anglais ont toujours voulu se dietancier du continent et ont tenté de bloquer l'importation de matériel technologique. En un sens, c'est pas étonnant qu'ils aient quitté l'Union Européenne.
Au début, la British Valve Association a même perçu une taxe d'une livre sur chaque soquet d'une radio. Une livre était une grande somme d'argent et il était normal que les fabricants de postes de radio ont tenté de fabriquer des récepteurs avec le plus petit nombre de lampes. La qualité des récepteurs anglais était moindre que celle des récepteurs continentaux
Les tubes combinés comme les triodes-heptodes étaient interdits, car ce sont en fait deux lampes dans une seule ampoule. Ces tubes qui avaient de meilleures performances que les heptodes auto-oscillatrices étaient déjà utilisées à l'étranger, mais ne pouvaient pas être importées. La règle des tubes combinés a finalement été abrogée.
Les fabricants de lampes utilisaient à cette époque un code propre à chaque fabricant et cette manière de faire était encouragée par la BVA car c'était éminemment profitable. En cas de défaillance d'une lampe il fallait nécessairement acheter une nouvelle lampe chez le même fabricant. Il n'y avait donc pas de concurrence possible, car les caractéristiques des lampes étaient gardées secrètes.
Pendant la guerre la BVA a utilisé un numéro générique pour forcer les acheteurs à passer par un fabricant manbre de la BVA. Le numéro général était en plus une garantie que les fabricants ne se feraient pas la concurrence dans cette période difficile.
Image à droite: les lampes qui n'étaient pas fabriquées en Grande Bretagne ne pouvaient pas être vendues.
Mais à cette époque il y avait déja un début de standardisation sur le continent avec les codes Philips, qui à cette époque n'avaient pas encore d'identification du soquet (tous les soquets étaient transcontinental): EK1, EF1, EBF1, EL1,... C'est Philips via sa filiale anglaise qui a poussé à utiliser les codes internationnaux standardisés.
Image à gauche: les fabricants reprennent le logo de la BVA sur les lampes fabriquées en Grande Bretagne. Une lampe sans logo était illégale. La lampe EZ22 est un redresseur double alternance avec soquet loctal. Ce soquet ressemble au soquet octal, mais avec un pied métallique et un creux pour fixer la lampe en place. Les lampes ne sont pas compatibles avec le soquet octal, car les broches sont plus fines et ne font pas contact.
Il y avait naturellement aussi des accords sur le prix et les lampes anglaises se vendaient le double du prix en comparaison des lampes européennes et américaines. Cette règle a été maintenue jusqu'en 1956, jusqu'à ce qu'une loi ait été votée qui interdisait les accords sur les prix.
Brimar (British Made American Range) n'est devenu membre de la BVA que vers la fin. C'était une firme qui travaillait surtout avec l'étranger et le règlement de la BVA était surtout une entrave.
La BVA avait malgré tout un avantage (pour les membres, évidemment): les membres se sont mis d'accord pour échanger les brevets. C'était une certitude pour les fabricants de radios et de téléviseurs que les tubes resteraient suffisamment lontemps en production.
Cette règle a été mise en application pendant la seconde guerre mondiale, quand il y avait une pénurie de lampes et de composants électroniques. La lampe Philips EF50 développée aux Pays Bas était la meilleure lampe haute fréquence à cette époque et elle a pu être produite (avec plus ou moins de succès) par tous les fabricants britaniques.
Certaines règles ont subsisté après l'interdiction des cartels: la BVA était par exemple financée par une participation de tous les fabricants anglais, basée sur la production annuelle. Mullard ne pouvait donc pas importer de lampes continentales via Philips, alors qu'elle était une filiale de Philips.
S'isoler du reste du monde n'est jamais une bonne chose, voyez par exemple la Corée du Nord où le niveau de vie des populations est très faible. Mais ne riez pas, vous les français, vous qui avez utilisé une norme de télévision inférieure (modulation positive), une norme audio moins bonne (son AM au lieu de FM) et une norme couleur qui ne permettait pas le mixage (SECAM; Surtout Eviter la Compatibilité Avec le Monde). Petits français, on ne vous envie pas non plus...
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