TI-57
Texas Instruments
TI-57
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J'ai fait la connaissance avec la programmation et l'informatique avec ma première calculatrice scientifique, une TI-57 de Texas Instruments. Cette calculatrice ne différait pas tellement des autres calculatrices, elle avait simplement une touche en plus LRN. Avec cette touche, il était possible d'introduire un programme dans la calculatrice (toutes les touches de la rangée de gauche servent d'ailleurs à la programmation).

On pouvait introduire un programme de 50 pas, avec des boucles, des tests et d'autres fonctions spécifiques à la programmation. Un "pas" était une instruction (qui pouvait se composer de plusieurs touches, comme [2nd] [INV] [log]).

L'inconvénient (et il était de taille) est que le programme était perdu en cas de coupure de courant. Il fallait donc laisser la calculatrice allumée tout le temps (et l'afficheur à DELs épuisait les accus en quelques heures).


La calculatrice était fournie avec un manuel de programmation contenant des exemples pratiques et des fiches de programmation pour documenter le programme. Malheureusement, chaque fois qu'on voulait utiliser un programme, il fallait le réintroduire manuellement (et attention aux fautes de frappe!). La TI-59 disposait d'une unité de lecture de carte de mémoire permettant de stocker un programme, mais était bien trop chère pour moi (et surtout mes parents)...

C'était l'époque de la guerre entre la notation infix utilisée par Texas Instruments et la notation postfix (beaucoup plus compexe) utilisée par Hewlett Packard. Tous les utilisateurs de TI sont devenus des techniciens, les utilisateurs de HP des ingénieurs...

A l'école supérieure, on avait enfin un vrai ordinateur, un Apple ][ qui utilisait des disquettes. Malheureusement, l'ordinateur était toujours occupé et je devais me rabattre sur un Commodore PET que plus personne ne voulait. J'ai appris la programmation sur cet ordinateur pendant l'heure du midi, alors que les autres allaient manger. Les programmes étaient chargés sur des cassettes ordinaires. Il fallait environ 5 minutes pour charger un programme un peu complexe.

La distribution de programmes a connu un essort particulier en Flandre et en Hollande avec des émissions radio consacrées à la programmation. Les programmes étaient disponibles sous forme de... disques 33 tours! Un language standardisé BASICODE était utilisé pour assurer la compatibilité avec toutes les versions Basic: il suffisait d'un petit interface qui transformait les instructions standardisées en instructions spécifiques à la version basic utilisée. La distribution sous forme de disques a continué jusqu'à l'avènement des BBS (Bulletin Board System) et puis Fidonet, l'ancètre de l'internet... J'avais même mon adresse fidonet (j'était un "point" très actif fin des années 1980). Puis est venu l'internet, et le reste vous connaissez...

Du point de vue plus professionnel (la programmation, c'était mon métier), notons à la même époque (celle du TI-57) l'émergence d'un langage de programmation peu conventionnel, le RPG ou Report Program Generator, développé par IBM.



Alors que les programmes classiques de l'époque (appellés "procédurals") étaient lancés et effectuaient la lecture des données (des cartes perforées ou un défileur de bande magnétique), un programme RPG (traduit en français en GAP ou Générateur Automatique de Programmes) se compose d'une simple boucle qui est effectuée pour chaque enregistrement (que ce soit une carte perforée ou un enregistrement magnétique). Notez la différence de logique qui se manifeste à la programmation. Un langage classique contient des instructions pour lire les données et les traiter. RPG est en fait une routine qui est effectuée à chaque enregistrement, avec différent aiguillages (conditions de test) selon le type d'enregistrement.

Sans le savoir, RPG était le premier langage "event driven" (langage évènementiel). Replacez onMouseOver ou onClick par onPunchedCard et vous transformez javascript en RPG! (j'exagère un peu, mais vous voyez l'analogie)

Ce système permet un codage rapide et facile, le langage étant conçu à l'origine pour ”transformer des comptables en programmeurs“. Toutes les opérations qu'un comptable devait effectuer manuellement sont ici effectuées par l'ordinateur.

La calculatrice Texas Instruments Ti 57 achetée en 1978 (j'étais alors en "rhétorique") a couté une fortune pour mes parents qui n'avaient même pas les moyens de se payer une voiture. Et en plus il existait encore un modèle plus cher, le TI-59 disposant d'une unité magnétique pour stocker les programme sur de petites cartes magnétiques. Mon copain en avait un et j'étais jaloux à mort, moi qui devait réintroduire une à une toutes les instructions à chaque coupure de courant.

Plus tard on a eu une version TI-58C sans lecteur de cartes magnétiques, mais avec une mémoire à rétention de données ("C" pour mémoire "continue"). La gamme a été complétée par une imprimante, très utile pour lister les programmes (en montrant les instructions, et non leur code numérique).

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